Escales - ETHIOPIE. Volcans Dallol et Erta Ale

DALLOL - La dépression du Danakil, -125 mètres, a été au fil des temps géologiques à plusieurs reprises recouverte par les eaux de la Mer Rouge puis asséchée, formant le lac de sel Karoum.

Le Dallol, volcan actif de type phréatomagmatique, unique au monde, se constitua suite aux explosions de chambres magmatiques de la Vallée du grand rift. Il culmine aujourd'hui à une centaine de mètres au-dessus de la banquise de sel, à une altitude de - 48 mètres. L'accès en est délicat, la croûte de sel du lac Karoum étant par endroits instable ou périodiquement inondée.

Le paysage sélénien du volcan sollicite en permanence la vue, l'ouïe et l'odorat. Il est cependant prudent de ne provoquer ni le goût, ni souvent le toucher…

Aucune vie animale ni végétale ne s'y développe.

Le Dallol est peu visité en raison de sa difficulté d'accès tant géographique qu'administrative, et à cause de l'instabilité politique de la région (la frontière avec l'Erythrée passe à 10 kilomètres). L'expédition nécessite une organisation matérielle rigoureuse, des véhicules adaptés, ainsi que l'accompagnement de guides locaux et de gardes armés.

 

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Le site vit, respire, s'exprime. Petits geysers, émanations gazeuses, vasques d'acide sulfurique, fumerolles ; formation de stalagmites, de corniches et de cristaux ; colonnes de sel, évaporites, coulées de saumure, coulées et montagnes de soufre, concrétions salines et sulfureuses.

Gargouillis, grondements, odeurs, jets corrosifs ou brûlants, croûtes fragiles surplombant et cachant des bassins acides.

Sous une température dépassant souvent 50°C à l'ombre. Dans un environnement sans ombre...

 

Vers l'ouest du site, délaissant la symphonie colorée des concrétions formées par l'action combinée de la soude, du soufre et de l'acide sulfurique, le paysage mute en profondes crevasses, cañons et cheminées de fées résultant de l'érosion des dépôts successifs de couches de sel.

 

ERTA ALE - Trois ou quatre heures de marche de nuit sur les pentes basaltiques pour atteindre le sommet du volcan Erta Alé. La descente dans la caldeira, la traversée des fragiles coulées de lave durcie sur plusieurs centaines de mètres, et enfin, l'un des trois lacs de lave actifs au monde, au fond d'un pit crater large de 140 mètres, à 90 mètres sous mes yeux éblouis.

Nuit noire. Des scissures déchirent en zigzags la surface sombre. Un grondement, une explosion, une fontaine de lave jaillit. Une deuxième, plus haute, qu'amplifie encore une soudaine convulsion du magma. Le site entier s'éclaire de rouge. Puis s'éteint.

Accalmie. Nouvelles fêlures incandescentes. Scène suivante...

 

Au petit matin le site révèle d'autres ambiances, sous les brumes gazeuses, sur les laves cordées ou en dalles, par-dessus les tunnels, autour du gouffre en fusion qui grogne et qui feule.

 



 



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